3 avril 2026 · Carnet

Probezeit : six mois, et le silence qui suit

Personne tapant sur un ordinateur portable près d'une fenêtre

On me dit encore : « C'est la période d'essai. » Je réponds que le mot français emporte avec lui un imaginaire de rupture facile, de délai de prévenance, de CDI qui « se confirme ». La Probezeit allemande occupe souvent six mois. Elle n'est pas une cérémonie. C'est un régime de préavis et, surtout, un régime d'absence de protection.

Ce que le contrat écrit, ce que la loi complète

Beaucoup d'Arbeitsvertrag se contentent d'une ligne : « Die Probezeit beträgt sechs Monate. » Le préavis pendant cette période, s'il n'est pas précisé, n'est pas pour autant inexistant. Dans les séances Probezeit de Page Routecore, nous ouvrons le contrat, puis nous posons à côté le texte légal. L'exercice agace. Il évite de croire que le silence du contrat est un silence du droit.

Le septième mois n'est pas un diplôme

Au lendemain de la Probezeit, le Kündigungsschutzgesetz n'entre en scène que si d'autres conditions sont réunies, notamment un seuil d'effectif. Un salarié français dans une filiale de huit personnes à Stuttgart découvre parfois, trop tard, que la « confirmation » n'a pas l'épaisseur qu'il imaginait. Nous n'en faisons pas un drame pédagogique. Nous en faisons un schéma, daté, avec le chiffre d'effectif à demander à la RH — un chiffre que le contrat ne donne presque jamais.

Prolonger la Probezeit

Des avenants proposent de « prolonger l'essai » de trois mois. Le réflexe français est de négocier. Le réflexe utile est de lire si le contrat initial autorisait déjà cette extension, et ce que devient le préavis. Ici encore, l'institut s'arrête au bord du conseil de plaidoirie. Nous préparons la question. Nous n'assistons pas à l'entretien.

Si votre Probezeit s'achève dans les dix jours, le format en six séances du programme phare n'est pas conçu pour vous. Écrivez-nous : nous dirons si une lecture courte est possible, et souvent elle ne l'est pas dans les temps.

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